Plaidoyer auprès du gouverneur du Nord-Kivu : Le GADHOP plaide pour une participation accrue des femmes et des jeunes filles aux processus de paix

Le Groupe d’Associations de Défense des Droits de l’Homme et de la Paix (GADHOP), la SOFEPADI et les organisations membres de la Synergie Femmes, Paix et Sécurité du Nord-Kivu ont engagé une action de plaidoyer auprès des autorités provinciales. Cette démarche vise à obtenir des engagements concrets en faveur de la participation effective des femmes et des jeunes filles aux processus de paix, de gouvernance, de sécurité et de diplomatie locale.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Femme, Paix et Sécurité : vulgarisation des instruments juridiques et mise en place des mécanismes communautaires d’alerte précoce à Butembo et environs ».

Un plaidoyer fondé sur les préoccupations des communautés

Entre décembre 2025 et juillet 2026, le GADHOP et ses partenaires ont organisé plusieurs consultations communautaires, réunions de concertation, dialogues, débats publics et séances de vulgarisation de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Ces activités ont été menées notamment dans le territoire de Beni, particulièrement dans la zone de santé de Kalunguta, ainsi que dans le territoire de Lubero, au sein de la zone de santé de Musienene.

Elles ont permis de recueillir les préoccupations des femmes, des jeunes filles, des autorités locales, des leaders communautaires et des acteurs de la société civile concernant l’insécurité, la gouvernance locale, la protection des droits des femmes et leur participation aux mécanismes de prévention et de gestion des conflits.

Les échanges ont montré que les femmes et les jeunes filles figurent parmi les principales victimes des conflits et des crises, alors qu’elles restent encore insuffisamment représentées dans les espaces de décision, les comités locaux de paix, les structures de sécurité et les mécanismes de réponse aux urgences, notamment à la maladie à virus Ebola.

Des femmes indispensables à la construction de la paix

Malgré leur contribution essentielle à la résilience des familles et des communautés, les femmes demeurent faiblement associées aux cadres de dialogue, aux processus de médiation et aux mécanismes locaux de sécurité.

Pourtant, leur participation effective permet de renforcer la cohésion sociale, de prévenir les violences, de rapprocher les communautés et de favoriser des solutions durables aux conflits.

Les consultations ont également révélé l’émergence d’une nouvelle génération de jeunes filles désireuses de devenir des leaders, des médiatrices et des actrices de paix. Leur engagement nécessite toutefois un accompagnement institutionnel durable, des possibilités de formation et des espaces concrets d’apprentissage et de participation.

Des demandes concrètes adressées aux autorités provinciales

À travers cette action, le GADHOP, la SOFEPADI et les membres de la Synergie Femmes, Paix et Sécurité demandent notamment au Gouvernement provincial du Nord-Kivu de :

  • garantir la participation des femmes et des jeunes filles aux comités locaux de paix, de sécurité et de développement ;
  • promouvoir leur représentation équitable dans les structures consultatives et décisionnelles ;
  • intégrer leurs besoins spécifiques dans les dispositifs provinciaux de sécurité et de réponse aux crises ;
  • renforcer la prévention et la prise en charge des violences sexuelles et basées sur le genre ;
  • institutionnaliser un cadre permanent de dialogue entre les autorités, les organisations féminines et les communautés ;
  • soutenir les mécanismes communautaires d’alerte précoce sensibles au genre ;
  • accompagner durablement les jeunes filles engagées dans les programmes de mentorat et de coaching ;
  • faciliter leur accès aux stages, aux immersions professionnelles et aux espaces de prise de décision ;
  • soutenir financièrement les initiatives des organisations féminines dans la lutte contre la maladie à virus Ebola.

Les organisations plaident également pour la désignation d’un point focal provincial chargé du suivi des recommandations, ainsi que pour l’adoption d’une feuille de route précisant les responsabilités, les échéances et les mécanismes de redevabilité.

Pour un cadre provincial permanent de dialogue

Parmi les engagements attendus figure l’institution d’un cadre provincial de dialogue sur l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité. Celui-ci réunirait trimestriellement les autorités provinciales, les organisations féminines, les jeunes filles mentorées et les acteurs communautaires.

Ce cadre permettrait d’évaluer régulièrement les progrès accomplis, de documenter les difficultés rencontrées et d’assurer le suivi des recommandations formulées par les communautés.

Le plaidoyer appelle également à une meilleure intégration du genre dans la riposte contre la maladie à virus Ebola, notamment par la désignation d’une personne responsable des questions de genre, de prévention des violences basées sur le genre, de l’exploitation et des abus sexuels.

Les femmes, actrices de paix et de changement

À travers cette démarche, le GADHOP et ses partenaires rappellent que les femmes et les jeunes filles ne doivent plus être considérées uniquement comme des victimes des conflits. Elles sont des actrices incontournables de la paix, de la gouvernance inclusive, de la résilience communautaire et du développement durable.

La prise en compte des recommandations issues des consultations communautaires contribuera à renforcer la confiance entre les institutions et la population, à améliorer la cohésion sociale et à construire une paix durable au Nord-Kivu.

Le GADHOP, la SOFEPADI et les organisations membres de la Synergie Femmes, Paix et Sécurité restent mobilisés pour accompagner les autorités et les communautés dans la concrétisation de ces engagements.

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