Dans la salle de réunion de la Solidarité des Associations Féminines des Droits des Femmes, SAFDF en sigle, à Butembo, l’atmosphère était studieuse mais engagée. Durant deux jours, acteurs communautaires, membres des cellules techniques et partenaires se sont réunis autour d’un objectif précis : évaluer les mécanismes communautaires d’alerte précoce mis en place par le GADHOP dans le cadre de la Résolution 1325 (Femmes, Paix et Sécurité).
Il ne s’agissait pas d’une simple rencontre de routine, mais d’un moment de vérité. Les participants ont revisité chaque étape du dispositif : de la collecte d’informations à l’intervention, en passant par la vérification auprès des autorités, la documentation des cas et le suivi. Chacun a partagé expériences, difficultés et réussites, mettant en lumière les progrès réalisés sur le terrain.

Au fil des échanges, un constat s’est imposé : la réactivité s’est nettement améliorée. Là où les signalements prenaient auparavant du temps avant d’aboutir, les réponses s’organisent désormais dans des délais allant de quelques minutes à 48 heures, selon la gravité de la situation. Cette évolution témoigne d’un passage réussi du monitoring classique à une alerte active et préventive.
Facilitée par Madame Rose Tuombeane du Collectif des Femmes Journalistes (CFJ), l’évaluation a également permis d’identifier des pistes d’amélioration.
« …la nécessité d’élargir la représentativité des mécanismes et de renforcer la collaboration entre communautés, cellules techniques et autorités locales a été largement soulignée… », a-t-elle restitué.
Les discussions ont insisté sur un principe central : une alerte ne doit jamais rester lettre morte. Elle doit conduire à une action concrète, qu’elle soit sécuritaire, administrative ou sociale. C’est à cette condition que les mécanismes d’alerte deviennent de véritables outils de protection pour les femmes et les jeunes filles.
En clôturant les travaux, Monsieur Mao Kyumbu a encouragé les participants à traduire les recommandations en pratiques quotidiennes.
« …Car au-delà des mots, c’est la vigilance permanente et la coordination efficace qui garantissent l’impact réel du dispositif », a-t-il soutenu.
À Butembo, cette évaluation marque ainsi une étape importante : celle d’un mécanisme qui se consolide, s’adapte et s’affirme comme un pilier communautaire de prévention des violences et de consolidation de la paix.


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