Pendant longtemps, dans la cellule Hangi A du quartier Kalemire à Butembo, la participation des femmes aux postes de décision au sein des structures communautaires demeurait un idéal lointain. Les barrières socioculturelles, les croyances infondées et la peur du jugement freinaient toute ambition féminine. Mais aujourd’hui, les lignes bougent. Et ce changement porte un nom : sensibilisation ciblée et transformation sociale inspirée par la Résolution 1325.
Dans une parcelle discrète du quartier Kalemire, un échange de proximité mené par Madame Maliro Deborah, facilitatrice du GADHOP, a ouvert une brèche vers une nouvelle ère de leadership féminin. Armée de pédagogie, d’écoute et de conviction, elle a replacé les femmes au centre de l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité ».
Son objectif ? Démystifier la participation des femmes aux élections et démontrer que la prise de décision n’est pas un privilège masculin, mais un droit consacré par la Résolution 1325 des Nations Unies.
Affronter la peur : de l’hésitation à la confiance
Les femmes de Kalemire ne refusaient pas de participer par manque de compétence, mais par crainte : peur d’être abandonnées, sabotées ou incomprises une fois aux responsabilités. Une crainte réelle, portée par des expériences passées et un environnement parfois peu accueillant pour le leadership féminin.
En mettant en avant les piliers de la Participation et de la Prévention, Madame Maliro a rappelé que les femmes jouent un rôle essentiel dans la gestion des conflits, que leur voix renforce la cohésion sociale ainsi que leur participation est non seulement légitime, mais nécessaire. Petit à petit, l’hésitation a laissé place à la confiance.
L’approche porte-à-porte, centrée sur l’écoute active, a fait la différence. À la fin de cette rencontre, un changement inédit s’est produit : plusieurs femmes ont annoncé leur décision de déposer leurs candidatures pour les postes de responsabilité au sein de leur mutualité de développement. Ce moment, simple en apparence, marque une transformation profonde : celle où des femmes longtemps silencieuses prennent enfin la parole et leur place.
Cette avancée s’inscrit dans le cadre du projet : « Femme, Paix et Sécurité : Vulgarisation des instruments juridiques et mise en place des mécanismes d’alerte précoce », une initiative du GADHOP, financée par le Fonds des Femmes Congolaises (FFC), qui vise à rendre effectifs les quatre piliers de la Résolution 1325.
L’histoire des femmes de Kalemire n’est pas seulement un succès ; c’est un signal puissant pour l’ensemble de la région : lorsqu’on crée des espaces sûrs, lorsqu’on écoute et lorsqu’on valorise les droits des femmes, elles prennent leur place naturellement dans la gouvernance locale.
Grâce au GADHOP et aux efforts de sensibilisation, Kalemire enregistre une victoire éclatante pour le leadership féminin. Et pour ces femmes courageuses, ce n’est que le début d’un long parcours vers une participation pleine et assumée à la vie publique.


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